Sommaire La Photographie en Trek
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La Photographie Numérique en Trek


Je ne traiterai ici que de l'aspect purement numérique de la photographie en trek, pour des généralités concernant la photo en trek, reportez vous à l'article «La photographie en trek».

La photo numérique en trek ! Pourquoi pas ? Une fois écartés les éventuels problèmes qui empêchent d'utiliser les appareils numériques dans le cadre de cette activité, on peut profiter de tous leurs avantages : possibilité de contrôler l'exposition, la netteté et le cadrage d'une image après la prise de vue et donc de ne jamais «rater» une photo que l'on de sera pas en mesure de refaire plus tard, possibilité de changer la sensibilité et la température de couleur de la prise de vue instantanément et sans changer de pellicule, possibilité de disposer d'une réserve de photos beaucoup plus importante qu'en argentique, plus de souci avec les rayons X dans les aéroports, consultation et traitement des photos plus rapide au retour (surtout pour faire une galerie photo internet), possibilité de lier les dates et heures de prise de vue enregistrées dans les fichiers d'images à un enregistrement du parcours réalisé par un GPS pour situer automatiquement les lieux où les photos ont été prises...

Résoudre les problèmes

Si, pour vous, le prix d'un appareil numérique n'est pas un obstacle (un appareil numérique est tout de même 3 à 5 fois plus cher que son équivalent argentique), il ne reste plus que deux problèmes à résoudre pour l'emmener en trek : l'autonomie et ... l'autonomie.

L'autonomie électrique tout d'abord, car dans un voyage «classique» vous êtes assurés de trouver une fois par jour au moins une prise de courant, ce qui est loin d'être le cas en trek où il n'est pas rare de passer plusieurs semaines à plusieurs centaines de kilomètres de la plus proche source d'électricité. Il faut donc porter une attention toute particulière, lors du choix d'un appareil, à l'autonomie qu'il va vous procurer en nombre de photos prises sans recharge de la batterie. Cette information peut se trouver dans les tests indépendants effectués par des revues photo ou sur internet (voir en particulier l'excellent site www.dpreview.com). Par ailleurs, tout ce qui peut amener à économiser de l'énergie est le bienvenu : il est notamment recommandé de ne pas utiliser l'écran arrière pour effectuer la visée, ce qui est très consommateur, mais de ne l'allumer que quelques secondes après la prise de vue pour contrôler le résultat (option par défaut sur les réflex numériques qui ne permettent pas d'effectuer la visée avec l'écran, car le miroir l'empêche). Inutile de dire qu'il faut également emporter suffisamment de batteries de rechange pour finir le voyage.

Cela n'a rien d'illusoire : pour ma part, j'ai utilisé un Canon 20D dont la batterie (BP-511A Lithium-ion) est particulièrement puissante et me permettait de prendre 800 images dans des conditions idéales et plus de 600 dans des conditions qui le sont moins. J'utilise maintenant un Nikon D80 et, s'il est moins performant dans ce domaine, chaque batterie EN-EL3e permet tout de même 380 photos. Trois batteries chargées à bloc avant le départ couvrent ainsi mes voyages avec une bonne marge (l'équivalent de 31 pellicules 36 poses tout de même, ou 28 jours à 40 photos par jour). Il n'y a pas non plus avec ces batteries de problèmes de décharge avant utilisation et elles résistent bien au froid. En cas de basses températures, prendre une batterie que l'on laisse dans une poche, près du corps, et lorsque celle qui est dans l'appareil ne débite plus assez de courant, mettez la dans la poche et utilisez celle qui était au chaud. Continuez ainsi à les permuter à chaque fois que la batterie dans l'appareil faiblit. Il est important de savoir que, contrairement à une idée reçue, le froid ne décharge pas les batteries, il empêche la réaction chimique qui génère le courant de se produire, mais si vous réchauffez ensuite cette batterie, vous retrouvez sa charge plus ou moins intacte. Pour limiter ma consommation, je fais afficher automatiquement pendant deux secondes l'image qui vient d'être prise juste après la prise de vue, ce qui me permet de vérifier l'histogramme d'exposition dans la plupart des cas. Je ne supprime pas les photos ratées ce qui permet encore d'économiser de l'énergie. Les facteurs qui peuvent réduire l'autonomie sont : la visée avec l'écran rétro-éclairé ou la consultation des photos sur cet écran, l'utilisation du flash et dans une moindre mesure l'utilisation de la mise au point en continu, l'utilisation d'un stabilisateur d'images, l'utilisation d'un micro-drive, l'utilisation du format RAW (voir ci-dessous). Dans tous les cas de figure, testez l'autonomie de votre appareil dans des conditions équivalentes à celles que vous rencontrerez en trek avant de partir, vous serez plus serein pendant le voyage.

Si la peur de manquer est votre lot quotidien, vous pourriez être tentés par une recharge solaire de vos batteries. C'est aujourd'hui possible, soit en utilisant un panneau solaire de forte puissance et pliable (ou flexible) qui rechargera les batteries de votre appareil à travers un chargeur compatible avec prise allume-cigares, soit en ajoutant à votre reflex une poignée qui va accepter les batteries LR6 rechargeables, et en chargeant ces batteries avec un panneau plus petit. Maintenant, faites le compte du prix, du poids et de l'encombrement de ce matériel (sans compter les problèmes logistiques en cas de soleil faible ou manquant) et vous comprendrez pourquoi je préfère la solution des accus chargés à l'avance !

L'autonomie en termes de stockage de photos, ensuite. L'éventail de capacité des cartes mémoire est large, mais comment cette capacité permet-elle de gérer les besoins réels en trek, sachant qu'il ne sera pas possible de décharger les photos sur un ordinateur et d'effacer la carte mémoire pour la réutiliser, comme on peut le faire en d'autres circonstances ? Il faut estimer votre consommation de photos. Pour une base de 40 photos par jour pendant 28 jours, soit 1120 photos, nous aurons besoin de 4,7 Go en JPEG et 9,8 Go en RAW pour le Nikon D80.

Tout d'abord, la solution des cartes mémoires : le prix des cartes mémoire a bien diminué sur certains sites internet et on peut facilement en prendre plusieurs. Question encombrement et poids, cette solution est imbattable et ces cartes sont faciles à protéger des agressions extérieures (dans le sac photo lui-même, dans de petits boîtiers étanches et antichocs), il n'y a pas de problème d'alimentation électrique et pas de risque de perte d'images pendant le transfert des données sur un autre support non plus. Seul inconvénient dans ce tableau idyllique, le prix, qui finit tout de même par grimper si l'on achète suffisamment de cartes pour satisfaire les besoins de tout un trek. Dans le cas de l'utilisation du format JPEG, moins gourmand en espace mémoire, pas besoin d'hésiter : on peut facilement envisager l'achat de suffisamment de cartes de 1, 2 ou même 4 Go pour satisfaire les besoins de tout le voyage. Dans le cas de l'utilisation d'un format RAW, le prix des cartes nécessaires pour couvrir un voyage est beaucoup plus important (9,8 Go tout de même pour 1120 photos pour un D80), mais si vous pouvez vous le permettre c'est certainement la solution la moins contraignante et la plus sûre. Si, en fin de voyage, vous vous appercevez que vous allez dépasser la capacité de vos cartes, vous pouvez toujours revenir au format JPEG et la capacité des cartes qui vous restent se trouvera multipliée.

Une solution plus économique, pour les utilisateurs du format RAW et qui prennent vraiment beaucoup de photos est le videur de cartes : un boitier alimenté par une batterie comprenant un lecteur de cartes et un disque dur. On introduit une carte mémoire et son contenu est sauvegardé sur le disque. La capacité du disque dur de ces appareils va de quelques Go a 100 Go ce qui est plus que suffisant, mais, là encore, la capacité électrique de l'engin vient réduire ces prétentions : une charge de batterie permet, suivant les modèles, de 2 à 30 Go de déchargement. Il faut être attentif lors du choix d'un tel appareil : la plupart de ces outils sont plus faits pour une utilisation citadine que pour le trek, leurs boutons ne sont pas toujours protégés contre une mise en route intempestive quand ils sont dans le sac, ce qui peut déboucher sur une décharge complète de la batterie qui n'est constatée qu'au moment où l'on veut vider une carte. Même le bricolage d'une protection n'est pas la panacée : si l'interrupteur à poussoir est soudé sur le circuit intégré, un simple appui sur le boitier peut déclencher la mise en route ! Comme le sac de trek est souvent sanglé serré sur les animaux de bat, c'est un élément à prendre en considération. Le modèle idéal pour le trek aurait des batteries amovibles au format standard : on pourrait les oter pendant le transport pour être sûr de ne pas avoir de mise en route intempestive, on pourrait les garder au chaud avant utilisation en cas de grand froid, on pourrait les remplacer à faible coût quand elles commencent à faiblir à cause du nombre de charges et décharges et enfin on pourrait les remplacer par des piles lithium classiques pour une autonomie maximale. Le seul modèle alimenté par piles que je connaisse en écrivant ces lignes est le PD70X. Je ne l'ai pas personnellement testé (j'utilise une provision suffisante de cartes mémoire), mais ses utilisateurs en disent le plus grand bien sur le net. Il ne faut pas oublier de protéger ces appreils des chocs en les mettant au centre du sac, entre des vêtements, et de les protéger de l'humidité en les mettant dans une pochette étanche. Achetez tout de même deux cartes pour utiliser l'une pendant que vous déchargez l'autre. On peut difficilement s'empêcher d'avoir un petit pincement au coeur lorsqu'après son premier transfert d'images on efface la carte mémoire sans savoir si les fichiers qu'elle contenait ont été correctement transférés et si le disque dur tiendra jusqu'au bout du voyage, mais c'est le prix à payer pour l'économie réalisée. Il existe des videurs qui permettent de graver un CD-ROM plutôt que d'enregistrer les images sur un disque dur. Ces appareils et les CD-ROM eux-mêmes me semblent toutefois trop fragiles pour faire l'affaire lors d'un trek où les bagages sont parfois durement traités.

Les avantages du numérique

Me voilà donc en trek avec une capacité de prises de vue très confortable. Pas mal, mais quels sont les autres avantages du numérique ?

L'apport le plus net du numérique est la possibilité de voir le résultat de la prise de vue après celle-ci pour contrôler la qualité de l'image et la refaire si nécessaire. En trek, sachant que l'on n'aura jamais la possibilité de revenir sur les lieux d'une prise de vue, cette possibilité est extrêmement précieuse. L'exposition sera contrôlée immédiatement après la prise de vue, non pas sur l'image elle-même mais grâce à l'histogramme des luminosités (choisir obligatoirement l'affichage de cet histogramme par défaut après la prise de vue). Fini le bracketing en aveugle sur les lumières difficiles : on constate une sur-expositon ou une sous-exposition sur l'histogramme, on compense grâce au correcteur d'exposition et on reprend la photo. Ainsi de suite jusqu'à résolution du problème. La netteté de l'image est plus difficile à contrôler : il faut utiliser la possibilité des réflex numériques récents de zoomer sur l'image, mais cela consomme de l'énergie alors on ne le fera que s'il y a un risque de bougé ou de profondeur de champ trop faible.

Le bracketing conserve tout de même une utilité : si vous photographiez une scène sans mouvement et qui comporte des zones éclairées de manière très différente, vous pouvez réaliser plusieurs photos. Une exposée pour les hautes lumières et une autre pour les basses lumières. Il ne vous reste ensuite qu'à réaliser sur votre ordinateur un montage entre ces deux images en ne gardant chaque fois que les zones correctement exposées. Cette opération de retouche demande un peu de temps, mais Photoshop CS2 dispose désormais d'une fonction intégrée pour faire cela. Cette opération peut notamment être réalisée pour diminuer le contraste entre un paysage et son ciel. Si le ciel est vraiment ennuyeux, vous pouvez même le remplacer par un autre ciel que vous aurez pris dans une collection de cieux spectaculaires que vous aurez constituée (à condition de ne pas être trop à cheval sur l'authenticité des photos, bien sûr).

Un autre atout majeur est la possibilité de changer instantanément de sensibilité : passer de 100 ISO pour photographier les extérieurs d'un monastère tibétain à 1600 ISO pour s'accomoder de la pénombre intérieure en une seconde, voilà qui est très confortable. Cela permet, la plupart du temps, de se passer de flash et les ambiances lumineuses des photos prises en intérieur s'en trouvent améliorées d'autant. La facilité de changement de la sensibilité est telle, que l'on peut même considérer que l'on a trois réglages intervenant sur l'exposition d'une image : l'ouverture, la vitesse d'obturation et la sensibilité !

La possibilité de changer la température de couleur de référence de la prise de vue (balance des blancs) est également utile, mais ne doit pas être utilisée systématiquement :

Il est à noter que, spécialement si vous utilisez le format RAW, l'ajustement de la température de couleur d'une image peut se faire à posteriori dans le logiciel de retouche d'images, mais il est quelquefois utile, si la température de couleur de la scène n'est pas évidente, de photographier une charte gris neutre devant le sujet pour servir de référence et mesurer cette température de couleur.

Boîtiers et objectifs

Avec la plupart des réflex numériques (sauf les «full frame»), on doit appliquer un facteur de correction à la focale des objectifs. La focale n'est pas vraiment modifiée, mais la taille du capteur qui enregistre l'image est plus faible que celle de la pellicule pour laquelle ces objectifs sont prévus (24x36mm). Il y a donc une sorte de recadrage de l'image, fonction du rapport entre la taille de cette pellicule et celle du capteur. Ce recadrage est traduit sous la forme d'une «focale équivalente». Pour un Canon 20D le facteur est de 1,6, pour un Nikon D80 1,5. Un objectif de 200mm fait donc avec le 20D des images dont le cadrage est équivalent à celles réalisées avec un objectif de 320mm (200x1,6) et un boîtier argentique. Cette modification apparente de la focale est une aubaine dans le domaine des téléobjectifs puisque, comme il est expliqué dans l'exemple précédent, votre 200mm devient un 320mm sans rien faire et sans perte de qualité, mais elle est moins amusante dans le domaine des grands angles puisque votre 20mm devient un bête 32mm et qu'il faut un 12,5mm (pas vraiment une focale courante) pour retrouver un équivalent en numérique du 20mm argentique. Un autre inconvénient est que votre gamme de focales est perturbée par ce facteur de conversion et que, si par exemple vous utilisiez un 20-35mm et un 70-200mm en argentique, vous aurez du mal à retrouver vos marques avec un 32-56mm et un 112-320mm. Canon a créé une gamme d'objectifs (EF-S) qui est spécialement dédiée aux boîtiers numériques (mais seulement pour les 20D, 300D et 350D et modèles suivants). Ils ont des focales adaptées et ne couvrent que le champ du capteur. Ils sont donc d'un encombrement et d'un poids très raisonnable pour leurs focales, ce qui en fait un excellent choix pour le trek. Il s'agit d'un 10-22mm f/3,5-4,5 (équivalent 16-35mm) et d'un 17-85mm f/4-5,6 à stabilisation d'image (équivalent 27-136mm). Ce dernier permet notamment, en cumulant l'augmentation de la sensibilité de l'appareil (1600 ISO, voire 3200 ISO au maximum) et l'utilisation du stabilisateur (permettant de gagner 2 vitesses, sinon 3) de prendre des photos en basse lumière sans flash et sans pied dans des conditions inimaginables auparavant. A ces deux objectifs, j'ai ajouté pour les scènes lointaines un Sigma 70-300mm f/4-5,6 Apo Macro Super II (équivalent 112-480mm). Attention, la modification de focale n'est qu'apparente : un objectif de 125mm utilisé avec un Canon 20D cadrera une photo comme un 200mm, mais la profondeur de champ sera toujours celle d'un 125mm (donc plus importante, ce qui est un inconvénient si l'on veut isoler un sujet du fond). Récemment, j'ai fini par trouver mon boîtier et mes trois objectifs assez lourds et encombrants. J'ai donc fait subir à mon matériel une cure d'amaigrissement spectaculaire en achetant un Nikon D80 avec un objectif unique AF-S VR DX 18-200 mm f/3.5-5.6 (équivalent 27-300mm). La gamme Nikon DX est également constituée d'objectifs spécialement dédiés aux appareils numériques à petits capteurs, ce qui est la garantie de focales adaptées et d'un encombrement réduit. La gamme VR quant à elle, est celle des objectifs à stabilisation d'image. Compte tenu des focales couvertes, la qualité peut difficilement être aussi bonne que pour des objectifs haut de gamme, mais elle se situe clairement au dessus des objectifs concurents de même domaine focal. Toutes ces qualités en font un excellent choix pour le trek.

Faites du RAW

Le format RAW est un format d'image numérique spécifique à chaque appareil et qui, contrairement au JPEG, ne contient pas une image directement exploitable mais un enregistrement brut (d'où le nom) du signal du capteur. Il faut donc utiliser un logiciel spécialisé pour convertir le format RAW en un format directement exploitable par les logiciels de traitement d'images (JPEG ou TIFF). Les avantages du format RAW sont très importants :

Evidemment il y a aussi des inconvénients :

Pour traiter le premier inconvénient, il faut prévoir sa capacité de stockage en conséquence, pour le deuxième, utiliser un logiciel de visualisation/conversion des RAW efficace. Si vous utilisez Adobe Photoshop, vous avez Adobe RAW Converter qui est inclus. Le dernier logiciel d'Adobe, Lightroom, spécialement conçu pour les photographes, est également doté du même moteur de conversion de RAW. C'est mon favori : les possibilités de gestion des tâches à accomplir, de l'extraction des photos des cartes mémoires jusqu'à l'impression, la création de diaporamas ou de sites web en passant par le classement des images en font le logiciel le plus puissant que je connaisse pour les photographes et la qualité de la conversion est excellente pour les boîtiers Canon et Nikon. Sinon, Phase One C1 ou Bibble sont des logiciels indépendants réputés qui rendent également le processus de sélection et de traduction des RAW facile et rapide. En dernier lieu, des logiciels donnés avec l'appareil lui-même peuvent faire l'affaire mais, suivant la marque, ils sont parfois insuffisants.

En pratique, l'utilisation du format RAW signifie que vous allez pouvoir exploiter pleinement votre appareil numérique pour obtenir un rendu de vos images que vous ne pourrez espérer avoir en JPEG. Les possibilités offertes par le RAW sont vraiment étonnantes, aussi, malgré les inconvénients, faites du RAW : je vous assure que vous ne le regretterez pas et ne reviendrez jamais au JPEG.

Le traitement des images

Ce n'est pas parce qu'une image numérique a été correctement enregistrée lors de la prise de vue, ou en d'autres termes qu'elle contient toute l'information que l'on souhaite restituer, des plus hautes aux plus basses lumières, qu'elle est utilisable telle quelle pour un tirage ou pour le web. Une modification de son rendu est souvent nécessaire pour amener une photo brute sortie de la carte mémoire à un fichier destiné à un tirage soigné ou à un site web de qualité.

Si vous faites du RAW, il vous faudra tout d'abord un logiciel de conversion en format d'image classique si votre logiciel de retouche d'images n'en a pas. J'ai cité les principaux dans le chapitre sur le RAW et je n'y reviendrai pas.

Les logiciels qui permettent des ajustements finaux de l'image sont les «logiciels de retouche d'images» (mal nommés car ils ne permettent pas que la retouche, loin de là). Parmi ces logiciels, dont on ne saurait se passer pour faire de l'image numérique, on trouve :

Je vous ai parlé plus haut des «filtres» que l'on peut ajouter dans Photoshop. Voici ceux qui, à mon avis, sont irremplaçables car on ne peut retouver dans Lightroom l'équivalent :

Pour passer de l'image brute issue de la prise de vue au résultat fini, voici les opérations les plus courantes que je réalise :

D'autres traitements, plus sophistiqués, supposent la combinaison d'une technique de prise de vue avec un traitement informatique :

  • Pour obtenir une image dont le contraste entre les parties les plus lumineuses et les parties les plus sombres excèdent de loin ce qu'un appareil numérique peut enregistrer, on peut réaliser plusieurs photos avec le même cadrage mais en changeant l'exposition à travers la vitesse d'obturation. On va ensuite superposer ces images pour en constituer une seule qui comprendra toutes les plages de luminosité. Photoshop CS2 permet de réaliser cela avec une option applée HDR (High Dynamic Range). On peut même aligner automatiquement des photos qui ne le sont pas pour le cas où elles ont été prises à main levée. Ce module ne corrige toutefois que les décalages horizontaux et verticaux entre les images, si vos différentes images présentent entre elles des décalages en rotation il faudra les corriger en utilisant l'outil «mesure», puis avec une légère rotation paramétrée. Un autre logiciel est particulièrement performant pour l'assemblage de photos prises à des expositions différentes : Photomatix. Les photos réalisées avec cet outil semblent un peu artificielles si la différence de luminosité est vraiment importante, mais vous ne trouverez pas de meileur résultat.

  • On peut également assembler des photos prises en séquence pour recomposer un panorama géant. Les photos sont prises en mesurant la lumière avec la cellule du boîtier puis en réglant, en mode manuel, les paramètres de prise de vue (ouverture et temps de pose) suggérés en mode automatique. L'appareil sera également réglé en mode de mise au point manuelle après avoir fait la mise au point avec l'auto-focus. La raison d'être de tous ces réglages manuels est qu'ils ne doivent pas changer d'une image de la séquence à l'autre, même si les conditions d'éclairage changent. Il vaut mieux ensuite prendre la séquence d'images en cadrage vertical. Même si cela implique de prendre plus d'images, cela garantit un assemblage plus facile et davantage de possibilités de recadrage du panorama par la suite. Il est souvent dit que ce genre de prise de vues doit s'effectuer avec un trépied et une règle qui permet d'aligner le centre optique de l'objectif avec l'axe de rotation du pied. C'est vrai, mais la prise de vue à main levée n'est pas impossible pour autant, même si elle est plus aléatoire. L'assembleur d'images que j'utilise ensuite est Panavue Image Assembler. J'ai trouvé qu'il produit, notamment grâce à ses possibilités d'assemblage manuel, de meilleurs résultats que les autres logiciels.

Situer les lieux de prises de vues avec un GPS

Il n'est pas toujours facile, en trek, faute de repères aisément identifiables, de se souvenir où a été prise telle ou telle photo. Les légendes sont alors d'autant plus difficiles à écrire. Or, un appareil photo numérique, quel qu'il soit, enregistre toujours dans le fichier image des informations sur la prise de vue (informations EXIF) et notamment la date et heure de la prise de vue. Un récepteur GPS, quant à lui, est capable, s'il est laissé en fonctionnement, même dans le dessus du sac à dos, d'enregister à intervalles réguliers la position, l'altitude, la date et l'heure. Il suffit donc, au retour, une fois les photos et la trace GPS récupérés sur un micro, de lire les informations EXIF de la photo dont on cherche la position et de chercher dans le fichier extrait du GPS la position correspondant à cette date et heure. Une option encore plus pratique consiste à utiliser un logiciel appelé OziExplorer : numériser une carte de la région à l'aide d'un scanner, la georéférencer dans OziExplorer (vous en apprendrez plus à ce sujet dans l'article «GPS et cartographie en trek») et utiliser un autre outil appelé OziPhotoTool. Cet outil vous permettra, en désignant les répertoires qui contiennent les photos et le fichier trace du GPS de créer un fichier de points de cheminement qui pourra être chargé dans OziExplorer. Vous verrez alors sur la carte apparaitre les lieux de prise de vue avec le nom du fichier image correspondant ! Une photo prise sur place du GPS en fonctionnement vous permettra même de corriger le petit décalage qui pourrait exister entre l'heure du GPS et celle de l'appareil photo.



Dernière mise à jour le dimanche 20 avril 2008. Copyleft Franck Zecchin 2008.